vendredi, juin 13, 2008

Une banale histoire d’asymétrie : nous debout les mains dans les poches, lui avachi par terre.

Mercredi, lors d’une pause (ou plutôt, d’un acte suicidaire) avec une demoiselle-collègue et surtout amie, on s’apprêtait à rentrer sagement chez nous pour nous remettre à nos devoirs d’étudiantes, lorsqu’un monsieur, qui marchait en sens inverse, nous a coupé dans notre bref élan de motivation.
Il voulait qu’on appelle un foyer pour SDF, qu’ils viennent le chercher.
A notre « on n’a pas le numéro, comment vous voulez qu’on appelle… » il a rétorqué « vous pouvez allez demander l’annuaire au café, à côté ? S’il vous plait... »
Un peu moins naïve de base que d’habitude (eustress), je lui ai demandé pourquoi il ne pouvait pas aller le demander lui-même, l’annuaire. « Vous savez, moi j’suis un SDF. Ils s’en foutent, eux, vous savez. J'suis SDF. J’suis rien. »
Et puis, il a soulevé son pantalon pendant que je lui disais « non non, c’est pas la peine », laissant voir sa jambe gauche, entre rougeâtre et violette.

Plus les secondes de contact défilent, et plus vous vous sentez impliqué(e)s.

« S’il veut pas se déplacer, c’est qu’il fait le fainéant. Nous on se déplace pas. »
Alors, avec Melle C., on est allées demander au monsieur (qui de debout était passé à avachi sur une marche) s’il voulait qu’on appelle le samu social.
« Ben d’accord, mais j’veux pas aller à l’hôpital hein, dites leur bien, surtout pas l'hôpital, j’veux aller au foyer, pas à l’hôpital. »
Il a eu le temps de nous demander trois fois une cigarette, la seule chose ait dit à haute et intelligible voix, répondant « Ah, c’est bien ça, vous avez raison » à nos « Non, on fume pas ! »

Bien sûr, le taxi pour SDF, ça n’existe pas.
Après m’avoir demandé son nom, ce qu’il avait, et où il se trouvait, la dame au téléphone m’a dit : « Il faut qu’il attende votre monsieur, y a un bus qui va passer. La tournée vient de démarrer.
- Oui mais, combien de temps ?
- Ah ça j’peux pas vous dire. Peut être d’ici deux heures, mais ça peut être dans la nuit aussi… »

J’ai pas osé lui dire qu’il allait moisir sur son trottoir. Mais il a compris.

En rentrant, j’ai pensé au cours de Régine : elle nous expliquait la désintrication psyché/soma, en l’illustrant avec le cas des SDF qui ne ressentent plus la douleur physique. Et c'est vrai que c'est le premier que je croise qui dit qu'il souffre, physiquement.
Il était surement en train de commencer à la quitter, la rue. Ou alors il y était depuis peu. Ou il utilise d’autres mécanismes de défense. Enfin bref .

J’y pensais plus. Jusqu’à il y a quelques heures, à l’intérieur de l’engin bleu dans lequel on a tout intérêt à se tenir dans les virages.
Un homme allongé par terre, très pâle. Deux autres personnes debout, s’approchant de lui avec une couverture de survie.
A 200 mètres de là où on l’a laissé mercredi.

Evidemment, le temps de se dire "merde" , de réfléchir, tant pis, l’acculturation attendra un peu plus, d’entendre les sirènes, d’appuyer sur « arrêt demandé » et de faire demi-tour, les pompiers étaient déjà repartis.
Plus aucune trace, rien.

Comme le monde est petit, il n’est pas impossible que ce soit l’externe de mon entretien de recherche qui s’en soit occupé.
Oui, les gens de la rue, ce sont exclusivement les externes qui s’en occupent.
Les internes et les Docteurs (surtout) ont bien trop peur de salir leurs belles blouses blanches.

"T’as pas envie d’y aller parce que c’est de la misère plus que de l’urgence, mais ils sont ouverts, ils ont une grosse plaie là donc va falloir les recoudre… Mais t’as pas envie d’y aller quoi. Tu vas y aller, tu sais que ça va puer, ‘fin…"

Je me dis qu’il n’est pas impossible non plus qu’il soit mort à l’heure qu’il est, et que personne ne connaisse son nom.
Qu’il soit juste un corps non identifié, au niveau moins quatre du CHU.

Vous me direz, y a plein de gens qui sont ramassés par les pompiers ou le samu social, chaque jour.
Sauf que lui, c’est pas « plein de gens », mais Thierry Aubert.
Je lui devais au moins une note.

lundi, juin 02, 2008

Les joies de l'administration, énième acte.

J'ai passé la journée dans des services administratifs divers et variés au lieu d'avancer mes synthèses&dossiers/réviser mes partiels. Trop chouette.

La palme revient bien évidemment aux secrétaires de la fac.
" J'peux passer mes exams avec un passeport périmé et un certificat de scolarité, à la place de ma carte étudiante et carte d'identité ?
- Euh, en théorie, oui...
- Non mais... J'ai un partiel MERCREDI, il faut que que je sois sûre de pouvoir le passer sans problème.
- Ah ben, je sais pas trop. Allez plutôt voir à la scolarité administrative, au fond du couloir.
(...)
-Ah non, j'peux pas vous refaire votre carte sans photo d'indentité.

Et où elles sont les photos d'y a deux ans ? (C'est très pratique, huit d'un coup, vous êtes tranquilles pour un moment [normalement] !) ...Dans mon portefeuille ! Avec toutes les photos, eues à l'usure pour la plupart, que je ne reverrai pas.

Devant le photomathon, j'ai constaté qu'il me restait très exactement trois euros et quatre centimes. Sauf que pour des photos, c'est minimum quatre euros.
Alors, j'ai retourné mon petit chez-moi à la recherche d'un malheureux euro, ou mieux, de photos d'identité.
Et voilà l'aboutissement de vingt minutes de recherche :




Le pire c'est que sur le moment, j'ai pensé "bon ben...Pourquoi pas ?!"
Et puis j'ai mieux regardé.
Ma tête bizarroïde, les moustaches de lait (comme quoi, le photographe, il faisait vraiment ça à la chaine, ça lui coûtait rien de me demander si c'était volontaire ou non avant de faire la photo...), et surtout, la robe soigneusement choisie par ma mère... tellement... J'trouve même pas de mot.

Finalement, non. Surtout que ça devrait aussi me servir pour ma future nouvelle carte d'identité.
Y a un collègue qui doit passer, je vais devoir le raquetter. Plus le choix. Et demain, je lui apporte sa putain de photo.

dimanche, juin 01, 2008

*


Extrait du DVD « Têtes Raides: Aux bouffes du Nord» (Tôt ou Tard/Warner 2003)


Heureusement que sous le chapiteau, le mois dernier, c'était pas ça. Sinon je crois bien je ne me serais jamais remise du « Et, c’est tout ! »

Quand le sort s'acharne.

Depuis jeudi, où un grand monsieur de la psycho sociale m'a annoncée le plus naturellement du monde que le dossier "non non, c'est pour le 5, pas le 12" (plus assez de ressources pour en rire nerveusement, ma binôme s'en est chargée à ma place), descendre des escaliers me demande un gros effort de concentration.

Le mois le plus merdique de ma courte existence touchant à sa fin, je pensais qu'enfin... Mais non. Il fallait que le dernier jour du mois ressemble au premier.

Alors que je m'auto persuadais qu' "une anim', ça doit avoir l'air de respirer la joie de vivre. Et puis surtout contenance, contenance...", à 7h30 en prenant un tourniquet du métro, on s'est dit que mon portefeuille ferait un joli butin.


Tout de suite, je me suis demandée comment j'allais faire pour le partiel de mercredi, sans carte d'identité ni carte étudiante.
Une éventuelle solution trouvée, vint le tour de ce qui ne pourra jamais être remplacé : les photos. Là, j'ai senti un début d'effondrement dépressif, assise sur les marches de la mairie de Montreuil.
Subitement, en passant, un monsieur m'a glissée quelques mots narcissiquement gratifiants. Complètement défoncé, le monsieur. Mais sans le savoir, il m'a sauvée.

J'ai pensé à ma fée et à la bague de mamie, qui n'étaient pas dans la petite poche_secrète du portefeuille, comme souvent, mais dans l'étui fuishia d'Houda et à mon annulaire droit.
A la catastrophe que ça aurait été s'ils avaient pris mon sac (appareil photo, tous les poly de JPK, articles pour mon TER, l'étui fushia, des Kinder Chocolat* [dont un lamentalement écrasé au fond, d'ailleurs. Bon ok, les Kinder, c'est secondaire],et surtout, ma boîte à musique moderne).


Et puis, j'ai appelé une demoiselle qui a bien voulu sortir de son lit pour m'accompagner raconter ma petite histoire face à un immense portrait de Sarkozy à l'Elysée (c'est trop top ça.)

Dans l'histoire, j'ai gagné une tarte au citron, un mois dans l'équipe du jeune homme qui m'a pistonnée sans me connaitre; et, parce que "mon prof de kholle est en retard (...)", une bonne heure de liberté-solitaire :




* Pensées pour la demoiselle qui, elle aussi, se shoote au chocolat. J'ai regardé tous les paquets du rayon pour voir quels étaient les nouveaux prototypes de l'Enfant bien comme il faut, selon son sexe et/ou sa couleur de peau.

dimanche, mai 25, 2008

"Bientôt".

Mots clés du moment : Efficacité; Rapidité; Ambivalence; Coping.
Auquels on pourra bientôt ajouter Nostalgie.

En fin de compte, c'est rigolo, de travailler en groupe. Entre le contexte théorique et la grille d'analyse de contenu, un soudain moment d'intimité. On vous met un bébé de 9 mois dans les bras (là, vous priez pour que le vomi, ça soit réservé à la maman), on commence à vous raconter la vie sexuelle d'une collègue absente. Ou même, on exhibe ses seins devant vous. Ouais, c'est particulier. Ca doit être Freud qui déteint.
Il faut aussi se retenir de ne pas ouvrir de grands yeux quand vous entendez "J'vais devoir rentrer, y a Plus belle la vie qui va commencer !".
Heureusement, la productivité prime. A grand renfort de flan maison.

Deux semaines sans toucher à Willow. Son sol à rejoint son do.


Bientôt, il sera temps que je me procure ma bible, enfin !
Bien trop de "bientôt", en fait.


Nepasseposerdequestions, nepasseposerdequestions.

Les moments de répit n'en sont que plus précieux.

Eteindre toutes les lumières. Ou presque.

mercredi, mai 14, 2008

A la volée.

Lou, Merci.

Puisque tout va trop vite, il me faut prendre le pas. Tout prendre à la volée, les téors, les portes, rentrer dans les gens à contre sens, tant pis. Déjà loin.
Un haut de petite fille, après tout, pourquoi pas ?


Le livre de Willow, il n'intéressait pas grand monde. La gardienne l'a retrouvé. Et son enveloppe, déchirée dans les toilettes du hall. " J'ai pensé "musique", et j'ai fait le lien. Je savais bien que c'était à vous."
Depuis, elle a demandé à ce qu'on ne dépose plus de courier à la loge, le samedi.
Faudrait qu'elle lise Barbery.


Ah, et, voici Violetta. Adoptée le week end où il fallait être heureux. Ca a plutôt bien marché, d'ailleurs. Elle m'a accompagnée partout, depuis. Même qu'elle sait même pas piquer.
Je disais donc, Violetta. Dénichée sur les terres où j'ai poussé jusqu'au lycée.
(oui, c'est d'une importance capitale.)


Encore dix minutes. Sa bougie se consumme doucement.

En toute impudité. (Parce que j'aime pas les mots en "eur".)

Sur le trajet se dire que la solution, c’est de ne plus parler. Oui, voilà. Sans parler, je peux tenir. Juste une boule dans la gorge, c’est gérable, allez.
Sauf que la stratégie du mutacisme rencontre très vite ses limites, notamment avec l’automatique ça va ?

L’hôpital. Se blinder un peu plus à chaque «t’es sûre, hein ? » « c’est pas facile, tu sais, c’est peut être mieux que…. ». « Il parait que c’est mieux pour faire son deuil de toute manière ». Ne plus rien entendre.
Enfin, le monsieur en costard apparaît.
L’ascenseur qui déconne. Niveau moins trois.

Une gorgée de sirop de pêche avant de franchir les portes gris-moche.
L’angoisse parce qu’ « ils lui ont enlevé son alliance », et puis non, elle est bien là, à l’autre main. Ses doigts boursouflés aux ongles violets. Les marques rouges sur son visage. Mais une sérénité ambiante, qui nourrit.
Pas de larmes.
Une promesse silencieuse, seule avec elle. Jusqu’à la pièce glissée dans sa main « si on lui demande de payer sa place, là haut. C’est comme ça qu’on fait chez nous. »
Touchée, infiniment.

Sa trousse de toilettes à oursons.

Peu de monde, comme prévu.
Le blindage qui ne tient plus, à l’entrée du crématorium. Plus du tout. Tout s’entremèlent.
Leurs regards inquiets. Petit frère qui sèche mes larmes. Le même monsieur en costard qui s’approche « mais, c’était qui pour vous, madame R. ? » Un presque sourire, c’est sûr que la ressemblance physique n’est pas frappante. Quelque chose dans son regard qui me fait revenir sur mon "ils font ça à la chaine de toute façon, que de l’organisationnel, aucune empathie", pensé en suivant le corbillard. Eh ouais, loupé.

Des orchidées violettes et des pétales de roses à la place des renoncules oranges et rouges.
La sonate au clair de lune et Nicoletta à la place de Rue des cascades et autres comptines tiersiennes.
Mais le même aquarium à l’entrée, les mêmes sièges violets.
Elles se seraient bien entendues, toutes les deux. « De l’autre côté du chemin », qu’ils disent.

(...)

Finalement, le plus dur, c’est que le « nous » se dissout très rapidement. Rattrapés par l’autre réalité, les impératifs du quotidien.
L’attente, deux heures sous le soleil pour la boite grise protégée par un grand étui bleu.

Alors, voilà. Il n’y aura plus de « Oh, pétard ! », ni de « c’est magnifique » à l’ouverture de chaque cadeau à Noël, ni de batailles de chantilly, ni de (…)

Besoin d’accordéon, ces derniers jours. Battre un deux temps en ternaire sur La fiancée de l’eau.


Légère.

Vous savez, quand on est la petite fille d’une Dame qui prenait tellement soin des autres qu’elle s’en oubliait, notre boîte à souvenirs, elle est d’une richesse extraordinaire.




mercredi, avril 16, 2008

L'amour des parenthèses.

Parce que ce blog, c'est surtout un amas de parenthèses. De celles qu'on a envie de transformer en crochets.

Des parenthèses, donc.
J’suis allée voir ce que Lexi’, le Robert netien, en disait : Épisode plus ou moins long de l'existence, qui est considéré comme (...) extérieur au déroulement normal de cette existence.

La première, sept printemps en arrière.
Tremblante sur le quai du RER B, priant pour ne pas me perdre dans les dédales de la vie sous terraine. Notre Dame. Un bout de ciel, enfin. Et un coup de fil plus tard, une demoiselle aux cheveux auburns.

Les parenthèses, on y prend très vite goût. Si bien que dès qu’une se ferme, il faut que l’ouverture d’une autre soit prévue, peu importe quand.

Spontanément, une parenthèse, on la dirait rose. Mais en réalité, elle est plutôt à dominance orange, ou vert pastel.
Elle peut virer au gris foncé, aussi.

Une parenthèse peut être de plusieurs types :


gastronomique (ou plutôt gourmande),


musicale,

s'inscrire dans un rituel,


à visée (officiellement) touristique,


coconisante,
etc.


Evidemment, le mieux, c’est quand tout s’entrecroise.




Dernière parenthèse en date : Saint Antoine de l’Abbaye.


[Photo du monsieur accro aux pixels.] que j'aime !

Où l’on soignait le mal des Ardents.



Mais surtout où le ciel est plus bleu qu’ailleurs.

Et puis, c’est hyper confidentiel : ma musique à parenthèses, c’est la Comptine d’un été numéro 17, de Tiersen. (Eh oui !) (Introuvable sur le net... Mais -légalement- Ici)


J'aime écrire des notes teintées de niaiserie.

jeudi, mars 20, 2008

Les ombres se marient-elles en blanc ?

Fin d'aprèm = onset of a severe depression.

Seulement voilà, ne voulant pas me jeter dans la Seine avant le 7 mars, avec Melle C., nous avons trouvé le refuge idéal... le pays des ombres.


"(...) Au départ, au début du commencement: un soupçon, juste l'ombre d'un soupçon. (...)
Le sombre héros surgit de la nuit. Il tire plus vite que son ombre.
Hombre, quel est ton nombre ? Quel est le nombre des ombres ?
Il y a les ombres premiers ou décimaux. Il y a les ombres chinoises, les ombres sombres, les ombres lumineuses. Les ombres portées, les ombres îles du monde. Les ombres d'un doute...
Je suis comme mon ombre, partout où je vais elle est là, partout où elle va je suis là ; je ne suis que l'ombre de moi même ; un corps c'est toujours avec son ombre, un corps sait qu'une ombre n'est pas un corset.
Tout un chacun a une ombre, toute ombre a un chacun. Que font nos ombres lorsque nous avons le dos tourné ? Ombres, où êtes vous la nuit ? Mais au fait, on dit un ombre ou une ombre ? Il ou elle ? Mon nombre : il, ou mon ombre : elle ?"
Christophe Salengro d'après Claude Ponti.




(Depuis le temps que j'en rêvais...)

lundi, février 18, 2008

Festivités I

C'est parti pour une semaine en tête à tête avec Willow*, en apprentissage massé (évidement…), à ingurgiter, toujours plus.
Du retard mental à l’électroencéphalogramme, en passant par les stratégies de catégorisation, l’ethnopsychiatrie (Tobie, encore lui !), les violences intrafamiliales… Ce qui est bien, c’est qu’y en a pour tous les goûts !

* les expéditions remplissage de frigo ou BU ne comptent pas.

Objectif Licence, premier acte. Dès le 26 février.

Sur ce, si vous aussi vous êtes en période pré-festive, bonne survie ! Sinon, et bien… savourez.

samedi, février 02, 2008

(Respiration)

Sevrage netien indépendant de ma volonté, exams trop proches dans le temps, TDs à 8h qui servent à rien.
Chocolats viennois, R&J et salles obscures.
Mails sans réponse.
Gédéon [le violon] que je ne venderai pas, Dominathan et la cuillière en décomposition, le désormais mythique "imaginez par la pensée" du prof-agent stresseur [stats].
Jeudi, quelques minutes avant 9h " Suite à un incident de personne (...) retard d'une durée indéterminé"; "Roh mais c'est bon, c'est déjà de la bouillie putain, autant rouler dessus !" lancé par une très jeune demoiselle, suivie d'un long silence, voiture sept.

Petits yeux perdus au milieu d'un tas de pixels et de la fumée d'une cigarette, juste à lever les yeux. Ah non, pas de fumée cette fois.
Graphiques-audiométrie tout juste terminés.

Minutes qui filent bien trop vite, demain déjà.
Doubles cordes.


lundi, janvier 14, 2008

Oppression nocturne.

Angoisse. Ce mot s’est installé dans mon vocabulaire à l’époque où je fréquentais, par écrans interperposés, des demoiselles consommatrices d’anxiolytiques.
Du coup, je ne sais jamais si ce qu’il y a à l’intérieur, c’en est vraiment ou pas. (Et ça n’a aucune importance.)

Toujours est-il qu’heureusement que demain midi, on ne commence pas par le TP de neuro où il faut être passé par le royaume de Morphée pour avoir un tracé exploitable. (Oui, on branche des électrodes sur nos semblables. Parait même que c’est amusant.)

Cette nuit, l’écho se sera imposé de lui-même, en même pas deux clics.



Marie-Claude Pietragalla, extrait de Sakountala.


jeudi, janvier 03, 2008

...!...



« J’ai poussé des cris, beaucoup de cris, et de vrais cris.
Non pas parce que j’avais faim, ou soif, ou mal, mais parce que je commençais à vouloir «parler», parce que je voulais m’entendre et que les sons ne me revenaient pas.
Je vibrais.
Je savais que je criais, mais les cris ne voulaient rien dire pour ma mère ou mon père. C’étaient, disaient-ils, des cris aigus d’oiseaux de mer, comme une mouette planant sur l’océan.
Alors, ils m’ont surnommé la mouette.
Et la mouette criait au dessus d’un océan de bruits qu’elle n’entendait pas, et eux ne comprenaient pas le cri de la mouette.

(…)

De ma petite enfance, les souvenirs sont étranges.
Un chaos dans ma tête, une suite d’images sans relation les unes avec les autres, comme des séquences d’un film montées l’une derrière l’autre, avec de longues bandes noires, de grands espaces perdus.
Entre zéro et sept ans, ma vie est pleine de trous.Je n’ai de souvenirs que visuels.(…)
Avenir, passé, tout était sur une même ligne de l’espace-temps.

(…)

J’ai vécu dans le silence parce que je ne communiquais pas. Ce doit être ça, le vrai silence ?
Le noir complet de l’incommunicable.(…)
Le silence a donc un sens qui n’est qu’à moi, celui de l’absence de communication.
Autrement, je n’ai jamais vécu dans le silence complet. J’ai mes bruits personnels, inexlicables pour un entendant. J’ai mon imagination, et elle a ses bruits en images.
J’imagine des sons en couleurs.
Mon silence à moi a des couleurs, il n’est jamais en noir et blanc.
Les bruits des entendants sont aussi en images, pour moi, en sensations.
La vague qui roule sur la place, calme et douce, est une sensation de sérénité, de tranquillité. Celle qui se hérisse et galope en faisant le gros dos, c’est la colère. (…)
La lumière est importante, j’aime le jour, pas la nuit. (…) Avec mes yeux, dans la lumière, je peux tout contrôler. Noir est synonyme de non-communication, donc de silence.
Absence de lumière : panique.
(…)
Parfois mes parents m’expliquaient qu’ils allaient sortir. Pour moi, c’était un départ, un abandon.
Les parents disparaissaient et revenaient.
Mais allaient-ils revenir ? Quand ?
Je n’avais pas la notion de quand. Je n’avais pas les mots pour leur dire, je n’avais pas de langue, je ne pouvais pas exprimer l’angoisse.
C’était l’horreur.
(…)
Des yeux et le corps pour enregistrer la sensation.
Je me rappelle le ventre. Ma mère est enceinte de ma petite
sœur, je sens très fort les vibrations. (…)
J’aime aussi le ventre de mon père, le soir, quand il discute avec des amis, ou avec ma mère. Je suis fatiguée, je m’allonge près de lui, la tête contre son ventre, et je sens sa voix.
Sa voix passe par son ventre et je sens les vibrations. Ca me calme,
ça me rassure (…)

Quand il a su que j’étais sourde, il s’est tout de suite demandé comment je
ferais pour entendre la musique.
En m’emmenant aux concerts, toute petite, il voulait me transmettre sa
passion, ou alors il « refusait » que je sois sourde ?
Moi, je trouvais ça formidable.
Et c’est toujours formidable, qu’il n’ait pas mis d’obstacle entre la musique et moi. (…)
Et je crois que je percevais profondément la musique ; pas avec les oreilles : avec mon corps.
(…)
Un soir, mon oncle Fifou, qui était musicien, jouait de la guitare. (…) Il veut me faire partager la guitare. Il me dit de mordre dans le manche. Je mords, et il se met à jouer. Je ressens toutes les vibrations dans mon corps, les notes aigues et les notes basses.
La musique entre dans mon corps, elle s’installe, elle se met à jouer à l’intérieur de moi.
Maman (…) essaye de faire la même chose, mais elle ne supporte pas.
Elle dit que ça lui résonne dans la tête.
Il y a encore la marque de mes dents sur la guitare de mon oncle.
(…)
Certains parents d’enfants sourds se disent que ce n’est
pas la peine, ils privent l’enfant de la musique. Et certains enfants sourds se
moquent de la musique.
Moi j’adore. Je sens les vibrations. (…)
Les trompettistes qui gonflent leurs joues. Les basses. Je sens avec les pieds, avec
tout le corps si je suis allongée par terre. (…)Les pieds nus sur le sol,
accrochée aux vibrations, c’est comme ça que le vois, en couleurs.
Le piano a des couleurs, la guitare électrique, les tambours africains.

(…)

La musique est un langage au-delà des mots, universel. C’est
l’art le plus beau qui soit, il réussit à faire vibrer physiquement le corps
humain. (…) [Son] champ est très vaste, immense.

Souvent, je peux m’y perdre. C’est ce qui se passe à l’intérieur du corps.
Ce sont des notes qui se mettent à danser. Comme le feu d’une cheminée. Le feu qui rythme, petit, grand, petit, plus vite, plus lent… Vibration, émotion, couleurs en rythme
magique.

(…)

La danse, c’est dans le corps. Adolescente,j’adorais sortir en boîte de nuit avec mes copains sourds. C’est le seul endroitoù l’on peut mettre la musique à fond sans se soucier des autres.
e dansais toute la nuit, le corps collé contre les enceintes, le corps vibrant avecle
rythme. Les autres, les entendants, me regardaient, étonnnés. Ils devaient penser que j’étais folle. »



Le cri de la mouette, (extraits des chapitres 1 à 4), Emmanuelle LABORIT.


Voilà. L’instrument comme « liant pur », c’est exactement à ça que je pensais quand je voulais m’orienter vers la musicothérapie. (Puis, la réalité m’a rattrapée.)

En lisant ces passages, j’ai repensé à mon premier cours avec mon ancien guide-violoncelliste. On s’est installés, et pour illustrer la première leçon « La tenue de l’archet », il s’est mis à jouer quelque chose. Sauf que nos violoncelles étaient face à face, et donc, ses vibrations sont venues se répercuter sur mes cordes. Et moi (comme je suis nulle en physique et parfois quelque peu… naïve, dirons-nous), je ne m’y attendais pas du tout.
Des sensations qui s’imposent, comme ça, d’un coup, et qui vous submergent complètement.
Comme commencement, je ne pouvais pas rêver mieux.

Pourquoi ne pas essayer de rendre ces sensations accessibles (d’autant plus que leur proprioception doit être particulièrement développée) à ceux qui ne peuvent pas entendre la musique ?

Une approche ‘primitive’ de la musique, peut être.
Juste rechercher un mieux-être et/ou à s’exprimer. Prendre le temps, (s’)écouter, ressentir chaque son. Retrouver un rapport simple aux choses, pour pouvoir l’étendre à d’autres dimensions. Tant pis si ce n’est pas de la musique à proprement parlé, un enchainement de notes/rythmes/nuances, dont le résultat est plaisant à entendre. (Surtout que là, ils l’entendront pas…)

L’exemple type de ce que je rejette en bloc : les auditions des conservatoires.
Vous êtes là, tremblant(e) sur votre banc, en vous disant que c’est bientôt votre tour, et que le directeur, là tout près du piano, il va faire la grimace à chaque fausse note. Et que vos parents, dans la salle, ils vont avoir très envie de se cacher sous leurs sièges.
Parce qu’on est plus des petits humains, mais des petits robots que l’institution en question espère bien programmer. Pas le droit à l’erreur.
Pas de notion de plaisir ou de partage, ou tellement peu. Principalement de la performance, et bien souvent, de la compétition.

La fois où, à la fin du primaire, un… euh, je sais plus comment on les appelle… Vous savez, le titre qui vous est généreusement accordé, quand vous décrochez une licence de musicologie. A la fin d’un morceau, après beaucoup d’hésitations, je lui avais demandé combien de noires il y avait par mesure. Il m’avait répondu qu’on s’en fichait. (Un grand choc.)
J’ai longtemps pensé que c’était ça, et uniquement ça, la musique : de la technique, de la performance.

Un rejet pour mieux y revenir plus tard.
Je peux même dire qu’aujourd’hui, la musique est mon ‘principal liant’. Je constate souvent que je suis incapable de (re)créer un lien, si la personne en face n’a pas de… sensibilité musicale. A un tel point que je frise l’intolérance, parfois…

Quelques doutes, quand même.
Comme le but ne serait évidemment pas de leur poser des limites d’emblée, en expliquant qu’on doit se servir de l’archet, et qu’il doit être tenu de telle manière etc, mais de les laisser explorer, forcément, faut penser aux éventuels risques pour l’instrument… (Willow n’est pas assuré ^^)
Rajoutons que j’ai beaucoup de respect pour les instruments (oui, c'est possible !), que j’ai tendance à humaniser tous ceux qui sont faits de bois.
M’enfin, j’ai un minimum confiance en la nature humaine…
Je me demande surtout si on va me prendre au sérieux. Petite étudiante en psycho et violoncelliste en herbe depuis tout juste un an, et très peu d’expérience avec un « public handicapé sensoriel ».
(J’éviterai de présenter les choses comme ça, hein…).
Et si j’ai des bases assez solides pour réussir à faire passer ce que j’aimerais, et qui est pour le moment trop abstrait...


Le retour risque d’être beaucoup trop riche pour être gérable seule. Trouver d’autres instrumentistes (et/ou non instrumentistes), pour quelque chose d’aussi particulier, en sachant que la monnaie d’échange ne sera pas l’euro… Je crois que l’idéal du deuxième violoncelle, déjà, je peux oublier !
Et puis, la question essentielle : est ce que des personnes sourdes ou malentendantes seraient réellement intéressées ?
(J'ai pas encore commencé à contacter d'assoc', j'attends d'être un peu plus près du sol.)

Pour rester dans le paradoxal, ça m’a l’air à la fois utopiste et réalisable. Je sais pas où/quand/comment, mais j’y crois. [Tout comme il y a deux ans et demi]

Il y a aussi que ce sera(it) un clin d’œil à la demoiselle-jongleuse, qui parlait souvent de dépasser la barrière de la parole… Moi ça ne sera pas la langue des signes.

Réduire les différences grâce à la musique, enfin, plus exactement, aux vibrations.

C’est vraiment très frais, tout ça. Juste eu un tout premier retour du monsieur encore plus loin que d'habitude, et des premiers tests de vibrations willistiques sur autrui -> mon frère.

Vous êtes arrivés au bout ? Félicitations ! Sauf que, ce n'est pas tout à fait terminé... La raison pour laquelle j’ai appuyé sur « publier », c’est que j’aimerais bien avoir d’autres retours.
Avis, réticences, d’autres idées à greffer… Bref, le champ est libre !

Et, si jamais y a quelqu’un d’intéressé, de quelque manière que ce soit... :)

samedi, décembre 29, 2007

Les deux extrêmités de la vie, révélatrices.

Aujourd'hui, j'ai pu avoir un aperçu de la vie sociale de mes parents : le jeune couple de collègues invité à déjeuner.

Le monsieur entre en premier, tout sourire. Dans ses bras, mon premier choc :


Evidemment, je suis restée scotchée un bon moment sur le... "bonnet" de la petite. (Qui a de très beaux yeux, mais j'allais quand même pas la mettre comme ça sur mon blog, elle souffre déjà assez, dans la vie.)

Comment des parents peuvent déguiser, ou plutôt ridiculiser, un petit être humain comme ça ? L'influence des albums d'Anne Geddes ? Ou alors, c’est que j’ai tendance à être plus fortement attiré par le pôle « ridicule », plutôt que par son opposé, « mignon » ?

Bref, son père lui enlève son déguisement de lapin en peluche , tout en me disant « C'est normal si elle te dit pas bonjour, elle est en plein âge bête. »
Là, je me dis que vraiment, y a beaucoup de choses qui m’échappent.
« Euh… Mais, elle a quel âge ?
- 8 mois.
- Aaaah ! Ca serait pas la peur de l’étranger*, plutôt ?» (merci Spitz d’avoir remis un peu d’ordre dans ma vie.)

Le monsieur, fièrement, à toute la petite assemblée : « ça donne envie d’en avoir un, hein ?! Toute souriante, elle pleure presque pas… Ma belle sœur, elle veut mettre en marche son quatrième, du coup ! »
Eh oui, en fait, un bébé, c’est comme une poupée. On peut lui mettre plein de vêtements (et dans quelques temps, on pourra même la coiffer !!). C'est très amusant. On peut la montrer aux copains, aussi.
Et quand on en veut plus, hop, chez papi-mamie.

Ils sortent deux grandes boites de bonbons d’un sac. Y a que mes parents, qui y ont le droit, hein. Vous comprenez, mon frère et moi, nous ne vivons pas dans le même monde qu’eux, puisque nous n’avons pas d’enfant.
Et ma mère a même eu le droit à des bonbons aux fruits parce « Ca fait moins grossir que ceux au chocolat ».

(Toujours le même) « Aux infos l’aut’ jour, ils ont dit que la moyenne, c’était deux virgule trois enfants*. Alors, va falloir bientôt penser au deuxième ! »

( * Ca y est, on a tous les deux sorti notre science.)

Là, ça commence à me déprimer sérieusement.
La maison avec jardin, le mari, les deux enfants, et en option le labrador. Je me rends compte que c’est l’ultime but de beaucoup (trop) de gens, la vie hyper normée-programmée.
Même d’une demoiselle-collègue (j’ai eu beaucoup de mal à le croire, d’ailleurs.)

Au moment où j’ai eu envie de tenter un still face pour pas déprimer complètement, j’ai commencé à penser à fuir. Au moins pour préserver l’équilibre de cette pauvre petite fille.

Un « et vous alors ? Pourquoi pas un ptit troisième ?? » adressé à mes parents m’a aidée à vite trouver mon manteau.


De coup, face à la mer, je réfléchissais à comment est-ce qu'on peut creuser aussi énergiquement son trou, puis s’y terrer, toujours un peu plus loin.
Plus d'envie, plus de passion.
Que des apparences, autour du vide hyper organisé.


Ils ont l'air sympa quand même, les amis de mes parents. Ce que je comprends pas, c'est comment on peut vouloir une vie comme ça. Ou c'est qu'y a pas eu d'élément déclencheur ?


Un autre cas typique : les vieux d'à côté.
Se lèvent à l’aube pour faire le ménage/laver devant la maison, éteignent leurs lumières à 20h45 (juste après PPDA). Et le samedi matin, grande sortie de la semaine : direction le cimetière. Le pire, c’est que je n’exagère rien.

Non, je ne pousserai pas jusqu'à aller faire une chercher sur le taux de suicide chez les vieux. N'empêche que...

(Si jamais je vire vers cette voie, s'il vous plaît, achevez moi.)

C'était dans la série "Audrey découvre la vie".

jeudi, décembre 27, 2007

De la difficulté d’être du genre féminin.


Tous les deux/trois mois, en plus du sang, mon corps part en quête de ses limites. Sauf que ça n’a absolument rien de ludique.

Tout commence par le voile blanc devant les yeux, qui s’épaissit.
Descendre les escaliers, avant de ne plus pouvoir.
Première entrevue avec l’émail.
Un « Hé, faut manger hein… » de ma mère (évidemment), à peine le temps d’articuler que non c’est pas ça du tout, le corps a pris le dessus.
Début du ballet sordique.
Les premiers aller-retours, passe encore. Viennent les plus redoutés, quand le corps expulse ce qu’il ne contient pas. Et le coeur qui ne cesse de cogner.
Les « Ca va, t’es sûre..? » mal assurés des parents, aux moments de répit.


Puis, enfin, s’allonger vraiment, attendant le sommeil, le seul à pouvoir presque tout effacer. Les vibrations des ronronnements contre ma jambe l’ont certainement aidé à venir plus vite.

Il est trois heures et quarante-six minutes. La douleur a laissé place à une putain d’envie de musique, d’intensité, de douceur, d’images, de contrastes, de partages, d'apprendre, de… Vivre, tout simplement.

(et de manger une clémentine.)

[Je publie pour que ce soit vraiment la dernière (des dernières) fois. C’est dingue, de pas savoir prendre de soi (médicalement parlant) à ce point. Je me donne un mois pour aller relever ma manche, et sourire à l’infirmière pendant que les petits tubes se rempliront.]

mercredi, décembre 19, 2007

Parenthèse(s) hivernale(s).

Avec un léger décalage, mes 240 mois ont joué les prolongations.

D'une journée,


d'une semaine.



Alors, forcément, un peu blasée en début de semaine.
Au contre-coup, ajoutez un conseiller d’orientation qui vous dit alors que votre bouée de secours, ça peut être les concours administratifs [le pire est à venir], en commençant par ceux de niveau C, ou "y a la gendarmerie aussi, ça vous dit pas ?"... Un vrai comique, comme on en croise rarement.
Mais aussi, d'une prof qui ne fait que lire, mot pour mot, le poly que vous avez sous les yeux, avec le sourire en bonus hein, parce que, vous comprenez, c’est bientôt la nouvelle année.
(Pour éviter toute montée suicidaire, fuir au bout d’une heure.)
Et quelques autres détails insignifiants.

Mais voilà, ça ne pouvait pas durer !
Au programme de la journée remotivation :
- une traversée de la ville,Willow sur le dos.
Faut pas croire, ça demande une intense mobilisation des ressources attentionnelles. Surtout dans les transports. Si jamais une personne imprudente en arrive à tomber, parce qu'elle ne se tenait pas suffisamment bien par exemple, il faut pouvoir se pousser très vite, pour qu’elle tombe où elle veut, mais (évidemment) pas sur Willow.

D’ailleurs, ma nouvelle prof a une approche complètement différente de celle de l’ancien. Beaucoup plus… naturaliste, en fait. Fini les mouvements forcés et exercices de musculation des doigts (c’est là que je me rends compte que mon ancien prof était quand même un peu sadique^^, mais il avait un unvisers musical plus vaste).
Et c'est une très bonne bonne chirurgienne de violoncelles (mon chevalet avait bougé).

- Un brin de neuro. [Cette année, accessible à mon petit cerveau !!]

- LE cours où on oublie qu’il n’y a, soit pas de lumière, soit pas de chauffage, selon la salle choisie, on peut pas tout avoir, hein : entre psycho, psychiatrie, et anthropo. Bien loin de la psycho clinique «classique», quelque peu moraliste sur les bords.

Sinon, je crois que l’association relations publiques/ faux semblant et surjeux (observés) est de plus en plus ancrée.
Ou comment se conforter dans son asocialisation, et plutôt bien s’en porter.

Et puis, avant de retrouver les falaises et la maison de poupée aux volets bleus : match d’impro_le retour; récitals de clavecin, et dimanche, d’orgue (enfin !!) (oui, j’aime me perdre au milieu de têtes à cheveux blancs.)



Ca vaut bien une pause chocolat, tout ça.
Et puis, pendant que j'suis motivée, soirée découverte de Françoise Héritier :)

vendredi, novembre 23, 2007

Deux ans. Deux ailes.

Un nouveau vingt-trois septembre.

Je comptais retrouver mes touches noires et blanches, pour l’Absente.
Et puis non. L’association à Tiersen reste(ra) ancrée, mais il est peut être temps d'arrêter les répétitions médiatisées.

A la place, l’ouverture au violoncelle samplé d'Olivier Koundono (
cellist d’Emily).


(Très abordable, en plus, le Monsieur. Même si vous l'approchez dans un état indescriptible, au bord de l'évanouissement (ignoble).
Sans oublier la Demoiselle de la soirée, qui les mérite bien, ses deux ailes.)

dimanche, novembre 18, 2007

Suite en Je Majeur.

Pour une fois, envie de déposer quelques mots par ici.

Je le fais de moins en moins parce que je préfère écrire, ancrer dans la matière. Voilà, c’est ça, besoin de matière.

Ce qu’il y a aussi, c’est que la musique permet l’impudeur que ne permettent pas les mots.

Ce qui me gêne, dans le fait de raconter une partie choisie de sa vie sur un blog, c’est que la limite publique/privée n’est pas établie. Ca peut être problématique quand ça implique d’autres que soi…Et puis, la représentation, se vendre…. Je m’en passe, en fait.
(Rappelons que je ne sais pas jouer.)

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Sinon, ça va faire un mois que la fac est bloquée.
Du coup, j’en ai profité pour faire une trêve d’une dizaine de jours, au pays des creux et des bosses.


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« Le violoncelle ? Le plus bel instrument du monde. Et le plus tendre, le plus persuasif, le plus émouvant.Son rôle se confond avec celui de la musique la plus inspirée. C’est un poète qui nous découvre les régions les plus hautes de la pensée ; un guide qui nous introduit dans les sanctuaires les plus intimes du cœur ; un magicien qui crée en nous ces appels et ces prolongements mystérieux qui, d’un coup d’aile, nous emportent vers le Beau. »

Paul BAZELAIRE

(Je l’aime lui :D ! Un morceau-illustration [téléchargement légal, pas de panique ! Un conseil : passez directement à 1min40. (A écouter très fort.) Si jamais quelqu'un arrive à ne pas appuyer sur la petite croix rouge avant la fin des 15 minutes du morceau, qu'il me fasse signe !])

C’est tout simplement l'instrument le plus humain, pour moi.
Je trouve que le piano n’offre pas de contrastes assez marqués. Et le corps n'a pas de rôle particulier, il manque la précision (justesse), les vibrations...


(Et aussi, je rêve des Folies d'Espagne à l'orgue (pour l'ampleur).)

Pour parler du violoncelle en particulier, Willow se porte toujours aussi bien. Bientôt un an de coexistence.
Ah oui, on a trouvé une nouvelle guide-violoncellique. Maintenant, j’espère que ses compétences sont corrélées à la profondeur de ses décolletés… M’enfin, je pense que ça ira !

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A portée de main ces derniers temps, Perec, Zweig, Levi-Strauss, Sepùlveda, Uhlman.
Et d'oreilles : Gonzales, Mansfield.TYA, Björk, Bumcello :), Emily Loizeau (pour me mettre dans le bain pour jeudi !), et un peu trop d'Apocalyptica.
(J'vous épargne le ciné, expo', match d'impro, et opéra à 5euros. Ah, et le colloque de vendredi dernier ! Un grand moment pour de pauvres petites étudiantes incapables de rester sérieuses plus de 15 minutes d'affilées. D'ailleurs, j'ai enfin trouvé des masters qui me plaisent vraiment. (Il était temps, oui). Ca s'applaudit, tout de même. Maintenant, il faut qu'on veuille bien de moi... Ce qui est une autre histoire.)

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La minute futile :
Je me suis réconciliée avec mes perles ! Oui oui, au collège, j’étais fière de mes petites poupées en perles... Et bien, maintenant, ce sont des boucles d’oreilles , qui naissent sous mes doigts (et que j'assume pleinement.)
Ou comment se consoler en évitant tout achat compulsif.


Et puis, il y a tout ce qui ne sera pas mis en mots ici. Sans doute le plus important
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dimanche, septembre 09, 2007

Parce qu'il n'y a pas de raisons que ce soit toujours les mêmes oreilles, que j'écorche.

[Malgré les fausses notes (glissées à presque toutes les mesures, sinon ça ne serait pas drôle, hein...), l'accompagnement sauve un peu le morceau.]

Voilà. Maintenant, vous comprenez pourquoi c'est nécessaire pour moi de vite retrouver un(e) guide-violoncelliste :-)